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Les JMC autrement: Un positionnement assumé…
PORTRAITS / PÊLE - MÊLE 12 / 25 / 2021

Les JMC autrement: Un positionnement assumé…

Courte, mais intense pour les artistes et musiciens participants, la 7e édition des JMC 2021 a délaissé l’esprit compétitif au profit de la visibilité, du réseautage et de potentielles percées à l’échelle internationale. Les JMC ont également opté volontairement pour l’aspect numérique : un positionnement assumé plus qu’une alternative.


Les points forts de l’édition de 2021 émanent d’un travail accompli sur la durée, caractérisé par une augmentation du nombre des participants et musiciens retenus pour cette 7e édition. Un chiffre multiplié par trois en comparaison avec les éditions précédentes, et qui comprend une quarantaine de porteurs de projets.


L’aspect incubateur


Précédemment, la compétition scellait davantage la programmation : cette année, les JMC accompagnent les artistes en se basant sur des critères de taille, comme la qualité du rendu, la créativité, l’originalité, la qualité d’exécution et le défi ultime qui consiste à pouvoir exporter les artistes à l’étranger. La structuration de l‘artiste se fait au niveau de la communication, en lui attribuant un attaché de presse compétent et en mettant au point le management d’un artiste. Techniciens et journalistes nécessaires à l’accompagnement des artistes doivent se former, afin de pouvoir bien travailler avec les artistes sur le long terme et cela en amont de l’édition. Une rencontre a d’ailleurs eu lieu, réunissant toutes ces disciplines avant le début de l’édition et le travail a été développé et le sera encore plus durant l’année. Sami Ben Saïd, directeur artistique des JMC, évoque « un rapport structurant et professionnalisant » qui désigne l’étape « Artist Lab ». Après la fin de l’édition, l’étape «Producer Lab » réunit 4 producteurs étrangers qui chaperonneront les jeunes artistes afin de leur apprendre à mieux « pitcher » leurs projets sur des mois. La compétition a été supprimée au profit d’une nouvelle approche.


Quand la compétition cède la place à la solidarité


Un esprit de solidarité et d’entraide a perduré pendant le festival et avant. Des annulations et des reports de dernière minute ont eu lieu à cause des restrictions sanitaires : afin d’y remédier, les artistes se sont soudés, en collaborant bénévolement les uns, les autres, afin de mener à bout leurs concerts et spectacles. « S’il y avait eu la compétition, un esprit aussi constructif et solidaire n’aurait pu avoir lieu. Les artistes se sont sentis dans un Safe Space », poursuit Sami Ben Saïd. L’apport pour ces artistes serait d’obtenir des contrats avec des labels, des maisons de disques, de participer à un festival connu, plutôt que de leur attribuer un prix, offrir des opportunités qui peuvent impacter la carrière d’un artiste longuement. Le festival reste ouvert aux citoyens / public et à la scène artistique dans son ensemble.


Une période voulue courte


4 jours seulement ont été accordés pour les JMC de cette année : les professionnels étrangers avaient un agenda plein. Ils ne peuvent rester une dizaine de jours. Les professionnels, pendant les concerts restaient pendant un laps de temps, étaient en mouvement, assistaient aux rencontres. Chaque pro agissait et travaillait à son rythme, afin de nouer des contacts, dénicher les artistes, mieux les connaître. Des rencontres pros, notamment festives mais fermées, ont eu lieu : l’occasion de réseauter, comme l’évènement organisé à Ennejma Ezzahra. Les panels et les « JMC Autrement » ont renforcé le volet présentiel. Des artistes en binôme se sont réunis dans le cadre d’une co-création afin de créer dans un espace à la Médina de Tunis.


Le digital assumé


Les JMC sont hybrides. Le numérique était, certes, pour protéger et garantir l’édition mais cet aspect-là est aussi un positionnement. L’usage du numérique devenant de nos jours primordial et urgent, en faire bon usage est devenu une nécessité et place l’édition dans l’air du temps. La plateforme Ermit a assuré la diffusion des Speed Dating, des rencontres, des panels et des rencontres pros fixées à distance. Les thématiques ont été directement reliées à la musique et à son industrie, mais aussi aux droits d’auteur qui restent encore à élaborer en Tunisie. Il y a eu une mobilisation de la part de deux personnes qui ont filmé des concerts dans différents pays et ont garanti leur projection dans divers espaces. La musique était très variée, issue du monde et de l’expérimental. L’export des talents se fait en se basant sur les répertoires et leur richesse, en passant par le numérique et par le présentiel. Les JMC, cette année, ont eu une portée structurante et formatrice, malgré les difficultés liées aux restrictions sanitaires dans leur ensemble. Un problème de visibilité a plané. Des invités n’ont pu être parmi nous et des panels ont été retirés, faute de présence, le plus souvent. Cette nouvelle vision des JMC est expérimentale : l’assimiler aux invités et au public va prendre encore plus de temps, malgré l’enthousiasme ressenti des musiciens participants. La clôture des JMC 2021 à l’IFT a été assurée par le groupe « Songhoy Blues ». L’Institut français de Tunisie (IFT) a en effet accueilli, mercredi soir, le quatuor malien « Songhoy Blues » pour clôturer la 7e édition des JMC. Ces jeunes artistes musiciens originaires du nord du Mali ont conquis le public, en lui garantissant une musique universelle, africaine et contemporaine. Ils sont maliens, artistes révolutionnaires, réfugiés, virtuoses, résistants, et passionnés de rock, les « Songhoy Blues » ont les atouts nécessaires afin de devenir précurseurs du rock africain.

Les JMC autrement: Un positionnement assumé…
Pitch bienveillant autour du projet SAFIR : Emergence d’une cohorte
REPORTAGES12 / 23 / 2021

Pitch bienveillant autour du projet SAFIR : Emergence d’une cohorte

L’association « Al Badil » travaille sur le projet Safir, programme d’incubation et d’accélération de projets dans le domaine des industries créatives et culturelles. Depuis plus d’un an et demi, elle accompagne de jeunes porteurs tunisiens de projets innovants et inédits émanant de tout le territoire tunisien.


C’est lors d’un « pitch bienveillant » dans les locaux d’ «Al Badil », que différents projets prometteurs et leurs concepteurs ont été présentés dans le cadre d’un rendez-vous, favorisant l’échange, le réseautage et la visibilité face à un public divers composé d’acteurs culturels et associatifs. La phase « incubation » du projet Safir touche presque à sa fin et rassemble un peu plus d’une douzaine de porteurs de projets.


L’incubation est une étape première qui s’étale de septembre 2021 à mars 2022 et qui s’achèvera bientôt au profit d’une 2e phase de concrétisation, celle de « l’accélération». Toujours entourés et soutenus par une équipe de professionnels, les porteurs de projets pourront obtenir la somme de 25.000 euros afin de mener à bout leur travail. Le projet est soutenu par la Commission européenne, l’Institut français de Paris, CFI Média, l’AUF, Pitchworthy et Lab’Ess.


« On a voulu donner l’occasion aux incubés d’entrer en contact avec des acteurs issus des secteurs culturels et médias. Ils ont pu ‘‘Pitché’’ (ou présenter) leurs projets face à un parterre d’invités. Pas moins de 11 porteurs de projets ont pu rencontrer une vingtaine de personnes issues du secteur : fondations, partenaires, associations, médias, activistes… Les participants, qu’on peut considérer comme entrepreneurs, sont originaires des régions d’intérieur, du sud, des quatre coins de la Tunisie. Le but étant de décentraliser aussi», précise Ysé Picot, coordinatrice du projet. « Pour les personnes qui ne sont pas installées à Tunis, « Al Badil » leur fournit une bourse de mobilité. On tient à ce qu’ils soient présents, notamment en présentiel, afin de consolider l’esprit de la Cohorte. » Le projet « Mouhit » est une résidence artistique, une salle d’exposition alternative existant en version web. Héla Doghri, une des fondatrices du projet, nous en dit plus : « On est installé à Carthage Byrsa pour l’instant. C’est un espace d’échange entre artistes, pour des collaborations, coopérations, travail en équipe, échange d’idées autour de l’art contemporain et de l’art visuel. La scène artistique est en pleine ébullition. Les artistes ont beaucoup de mal à accéder à des espaces ou au matériel nécessaire. ‘‘Mouhit’’ leur fournit le plus important afin d’arriver à mener à bout leur travail. ». ‘‘Mouhit’’, c’est un Safe Space pour les artistes participants. « Al Badil » nous a accompagnés au pas à pas. Les accompagnateurs pensent à tout : à la communication, à la moindre étape. Ce « Pitch bienveillant » a été enrichissant », a-t-elle déclaré.


Mehdi Cherif est le fondateur de « Fahmologia », un média associatif qui se spécialise dans la vulgarisation scientifique et la mise en valeur de la recherche scientifique locale. Newsletters, articles sur des conférences, parution de livres… Deux grands volets composent « Fahmologia » : celui d’informer, de relayer l’information autour de l’actualité et la conception de vidéos de vulgarisation scientifique. Le 2e volet soutient l’écosystème académique en mettant en avant les thèses et les mémoires, chercheurs et autres. « On est sur les réseaux sociaux pour l’instant : tel un média digital ». « Al Badil » nous a accompagnés notamment en fournissant le plus d’informations possibles, y compris l’encadrement autour du modèle économique à adopter et autres », déclare Mehdi Cherif.


Mondher Falleh est l’un des fondateurs de « Wild Tunes », une société de production audiovisuelle. Mondher travaille en collaboration avec Fourat Neffeti. Les deux sont musiciens, connaisseurs de la scène artistique. Le duo gère trois volets au sein de la société de production : résidences artistiques, production et management de services audiovisuels et gestion de management d’artistes.


D’autres projets prometteurs comme Recycl’art, Cinérif, Gloristory, Media Without Borders, Résidence Teatro, Piccolo Teatro Di Bizerta, Bargou Records, CAT : Communauté des artistes tunisiens et Art de vie verront le jour. Nous y reviendrons plus en détail.

Pitch bienveillant autour du projet SAFIR : Emergence d’une cohorte
Pitch bienveillant autour du projet SAFIR : Emergence d’une cohorte
PORTRAITS / PÊLE - MÊLE 12 / 23 / 2021

Pitch bienveillant autour du projet SAFIR : Emergence d’une cohorte

L’association « Al Badil » travaille sur le projet Safir, programme d’incubation et d’accélération de projets dans le domaine des industries créatives et culturelles. Depuis plus d’un an et demi, elle accompagne de jeunes porteurs tunisiens de projets innovants et inédits émanant de tout le territoire tunisien.


C’est lors d’un « pitch bienveillant » dans les locaux d’ «Al Badil », que différents projets prometteurs et leurs concepteurs ont été présentés dans le cadre d’un rendez-vous, favorisant l’échange, le réseautage et la visibilité face à un public divers composé d’acteurs culturels et associatifs. La phase « incubation » du projet Safir touche presque à sa fin et rassemble un peu plus d’une douzaine de porteurs de projets.


L’incubation est une étape première qui s’étale de septembre 2021 à mars 2022 et qui s’achèvera bientôt au profit d’une 2e phase de concrétisation, celle de « l’accélération». Toujours entourés et soutenus par une équipe de professionnels, les porteurs de projets pourront obtenir la somme de 25.000 euros afin de mener à bout leur travail. Le projet est soutenu par la Commission européenne, l’Institut français de Paris, CFI Média, l’AUF, Pitchworthy et Lab’Ess.


« On a voulu donner l’occasion aux incubés d’entrer en contact avec des acteurs issus des secteurs culturels et médias. Ils ont pu ‘‘Pitché’’ (ou présenter) leurs projets face à un parterre d’invités. Pas moins de 11 porteurs de projets ont pu rencontrer une vingtaine de personnes issues du secteur : fondations, partenaires, associations, médias, activistes… Les participants, qu’on peut considérer comme entrepreneurs, sont originaires des régions d’intérieur, du sud, des quatre coins de la Tunisie. Le but étant de décentraliser aussi», précise Ysé Picot, coordinatrice du projet. « Pour les personnes qui ne sont pas installées à Tunis, « Al Badil » leur fournit une bourse de mobilité. On tient à ce qu’ils soient présents, notamment en présentiel, afin de consolider l’esprit de la Cohorte. » Le projet « Mouhit » est une résidence artistique, une salle d’exposition alternative existant en version web. Héla Doghri, une des fondatrices du projet, nous en dit plus : « On est installé à Carthage Byrsa pour l’instant. C’est un espace d’échange entre artistes, pour des collaborations, coopérations, travail en équipe, échange d’idées autour de l’art contemporain et de l’art visuel. La scène artistique est en pleine ébullition. Les artistes ont beaucoup de mal à accéder à des espaces ou au matériel nécessaire. ‘‘Mouhit’’ leur fournit le plus important afin d’arriver à mener à bout leur travail. ». ‘‘Mouhit’’, c’est un Safe Space pour les artistes participants. « Al Badil » nous a accompagnés au pas à pas. Les accompagnateurs pensent à tout : à la communication, à la moindre étape. Ce « Pitch bienveillant » a été enrichissant », a-t-elle déclaré.


Mehdi Cherif est le fondateur de « Fahmologia », un média associatif qui se spécialise dans la vulgarisation scientifique et la mise en valeur de la recherche scientifique locale. Newsletters, articles sur des conférences, parution de livres… Deux grands volets composent « Fahmologia » : celui d’informer, de relayer l’information autour de l’actualité et la conception de vidéos de vulgarisation scientifique. Le 2e volet soutient l’écosystème académique en mettant en avant les thèses et les mémoires, chercheurs et autres. « On est sur les réseaux sociaux pour l’instant : tel un média digital ». « Al Badil » nous a accompagnés notamment en fournissant le plus d’informations possibles, y compris l’encadrement autour du modèle économique à adopter et autres », déclare Mehdi Cherif.


Mondher Falleh est l’un des fondateurs de « Wild Tunes », une société de production audiovisuelle. Mondher travaille en collaboration avec Fourat Neffeti. Les deux sont musiciens, connaisseurs de la scène artistique. Le duo gère trois volets au sein de la société de production : résidences artistiques, production et management de services audiovisuels et gestion de management d’artistes.


D’autres projets prometteurs comme Recycl’art, Cinérif, Gloristory, Media Without Borders, Résidence Teatro, Piccolo Teatro Di Bizerta, Bargou Records, CAT : Communauté des artistes tunisiens et Art de vie verront le jour. Nous y reviendrons plus en détail.

Pitch bienveillant autour du projet SAFIR : Emergence d’une cohorte
 La saison 2 de « Ken ya Makanech » d’Abdelhamid Bouchnak : Un retour frais et grinçant
REVIEWS & CRITIQUES12 / 21 / 2021

La saison 2 de « Ken ya Makanech » d’Abdelhamid Bouchnak : Un retour frais et grinçant

Le tournage de la saison 2 de « Ken ya Makanech » a débuté ce weekend, toujours sous la direction d’Abdelhamid Bouchnak. Nouvelles recrues, nouveaux personnages, nouvelles intrigues et la suite prometteuse sont en train de se mettre en place. Un avant-goût pour les téléspectateurs urge, avant la diffusion prévue pour le mois de Ramadan.


« La 2e saison de ‘‘Ken ya Makanech’’ sera ma dernière production télévisée ramadanesque. Nous ferons tout en notre pouvoir pour la rendre la plus passionnante possible », a déclaré Abdelhamid Bouchnak face à des journalistes et comédiens lors d’un point de presse. Des comédiens retenus pour le casting de la 2e partie. Une manière d’annoncer le démarrage de ce tournage tant attendu.


Cette 2e saison, dans la continuité de la 1ère, promet de conquérir petits et grands. « Ken ya Makanech » a beau critiquer, et interroger le vécu des Tunisiens et des aléas que connait leur pays, elle parvient également à ravir les enfants par son aspect enchanteur, fantaisiste et conteur. Les comédiens ont, en effet souvent campé des personnages féériques, inspirés des contes de Grimm et autre histoires célèbres pour enfants. La série, au ton décalé, ne manquera pas également d’être encore plus corsée. Dérisions et critiques feront partie intégrantes du scénario.


Quelques axes encore ouverts connaîtront une suite, mais des nouveautés auront lieu également, toujours conçus d’une manière à titiller l’esprit critique et la réflexion. Des noms de la scène artistique s’ajouteront à la liste déjà bien garnie de la 1ère saison; citons Sawssen Maalej, Moez Gdiri, Nourreddine Ben Ayed, Kamel Touati, Faycel Ezzine, Fathi Haddaoui, Naima Jeni, Najia Ouerghi, Amira Chebli, Marwen Lariane, Bilel Slatnia… « Je puise mon inspiration de ma nostalgie et des années de mon enfance. Normal que je fasse appel à des noms aussi connus », déclare Bouchnak. Les acteurs de théâtre montants feront également partie de l’aventure. « Le théâtre est la base de ce que nous faisons et le restera », précise le réalisateur. Un nouveau personnage qui s’appelle « Kourinti » fera long feu et les téléspectateurs feront la connaissance de la famille de « Chou », interprété par Bahri Rahali et son épouse « Mahsoub », campé par Naima Jeni.


En revanche, le ton de « Ken Ya Makanech » promet d’être plus sérieux. Un peu moins humoristique que l’année dernière. L’un des principaux challenges est d’équilibrer entre les deux tons : dramatique et humoristique, avec un air toujours aussi grinçant et ironique.

La saison 2 de « Ken ya Makanech » d’Abdelhamid Bouchnak : Un retour frais et grinçant
Saison 2 de « Ken ya Makanech » d’Abdelhamid Bouchnak : Un retour frais et grinçant
REVIEWS & CRITIQUES12 / 21 / 2021

Saison 2 de « Ken ya Makanech » d’Abdelhamid Bouchnak : Un retour frais et grinçant

Le tournage de la saison 2 de « Ken ya Makanech » a débuté ce weekend, toujours sous la direction d’Abdelhamid Bouchnak. Nouvelles recrues, nouveaux personnages, nouvelles intrigues et la suite prometteuse sont en train de se mettre en place. Un avant-goût pour les téléspectateurs urge, avant la diffusion prévue pour le mois de Ramadan.


« La 2e saison de ‘‘Ken ya Makanech’’ sera ma dernière production télévisée ramadanesque. Nous ferons tout en notre pouvoir pour la rendre la plus passionnante possible », a déclaré Abdelhamid Bouchnak face à des journalistes et comédiens lors d’un point de presse. Des comédiens retenus pour le casting de la 2e partie. Une manière d’annoncer le démarrage de ce tournage tant attendu.


Cette 2e saison, dans la continuité de la 1ère, promet de conquérir petits et grands. « Ken ya Makanech » a beau critiquer, et interroger le vécu des Tunisiens et des aléas que connait leur pays, elle parvient également à ravir les enfants par son aspect enchanteur, fantaisiste et conteur. Les comédiens ont, en effet souvent campé des personnages féériques, inspirés des contes de Grimm et autre histoires célèbres pour enfants. La série, au ton décalé, ne manquera pas également d’être encore plus corsée. Dérisions et critiques feront partie intégrantes du scénario.


Quelques axes encore ouverts connaîtront une suite, mais des nouveautés auront lieu également, toujours conçus d’une manière à titiller l’esprit critique et la réflexion. Des noms de la scène artistique s’ajouteront à la liste déjà bien garnie de la 1ère saison; citons Sawssen Maalej, Moez Gdiri, Nourreddine Ben Ayed, Kamel Touati, Faycel Ezzine, Fathi Haddaoui, Naima Jeni, Najia Ouerghi, Amira Chebli, Marwen Lariane, Bilel Slatnia… « Je puise mon inspiration de ma nostalgie et des années de mon enfance. Normal que je fasse appel à des noms aussi connus », déclare Bouchnak. Les acteurs de théâtre montants feront également partie de l’aventure. « Le théâtre est la base de ce que nous faisons et le restera », précise le réalisateur. Un nouveau personnage qui s’appelle « Kourinti » fera long feu et les téléspectateurs feront la connaissance de la famille de « Chou », interprété par Bahri Rahali et son épouse « Mahsoub », campé par Naima Jeni.


En revanche, le ton de « Ken Ya Makanech » promet d’être plus sérieux. Un peu moins humoristique que l’année dernière. L’un des principaux challenges est d’équilibrer entre les deux tons : dramatique et humoristique, avec un air toujours aussi grinçant et ironique.

Saison 2 de « Ken ya Makanech » d’Abdelhamid Bouchnak : Un retour frais et grinçant
« Bunkoeur » de Nidhal Chatta : Dans l’antre d’un «Bunkoeur»
REPORTAGES12 / 19 / 2021

« Bunkoeur » de Nidhal Chatta : Dans l’antre d’un «Bunkoeur»

L’immersion s’est faite dans une immense demeure coloniale abandonnée qui fait office de plateau de tournage et de décors. «Bunkoeur», prochain long métrage de Nidhal Chatta est actuellement en tournage. Auréolé d’un casting trié sur le volet et d’un scénario ficelé, développé par Sophia Haouas, le film raconte les failles sociales d’un pays en déliquescence et fait échos aux maux persistants d’une société malade sur fond de drame.


«Bunkoeur», jeu de mots, se référant à des états d’âme, ou résumant l’intrigue principale. Le dernier film de Nidhal Chatta est une histoire, librement inspirée de faits réels et que nous nous garderons finalement de dévoiler en détail à leur stade actuel. «Bunkoeur» rassemble plusieurs personnages, des âmes errantes, traînant pour la plupart un vécu lourd. Des personnes aux destins ébranlés et au passé étriqué. Plusieurs vies s’entremêleront au fil du temps, des événements de l’histoire et du lieu. Défini comme une «Faune Humaine», un immeuble colonial très ancien, situé en bord de mer, va être le théâtre d’abominations et d’histoires intrigantes, et non moins sordides.


Au cœur de cette histoire, une jeune femme, forte et libre, se retrouve emportée par cette spirale. Un tourbillon qui mettra le spectateur face aux complexes d’une société tunisienne rongée par une crise économique profonde, une frustration sexuelle persistante, écrasée sous le poids des traditions, du patriarcat, du racisme, de la haine, du régionalisme, de l’intolérance. «Bunkoeur», s’annonce dur, et riche d’une dimension métaphorique qui interpelle. Ses personnages perdus, épars, forment un microcosme, sur le point d’éclater. Ils sont nichés toutes et tous dans cette vieille bâtisse, hors du temps, génératrice d’une proximité collective qui s’avérera toxique. Dans ce «Bunkoeur», des personnages divers sont perçus couramment dans l’(in)conscient collectif comme souffrant de toutes «les tares sociales». Le film renvoie aux origines d’une société actuelle, foncièrement encore tribale, féodale.

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Rim Hayouni campe le rôle de Malek, victime d’un viol. Oumaïma Bahri est Jihen, trentenaire, originaire de Gabès. Intuitive, et témoin de quelques faits, elle est locataire, venue s’installer à Tunis par amour. Khaled, incarné par Lamine Belkhodja, est l’ami protecteur de Malek. Mohamed Dahech joue le rôle de Mounir, l’homme à tout faire dans l’immeuble : ayant une vie plate et réduite en apparence, juste en apparence… Fatma Felhi incarne Azza, l’amie de Malek, protectrice et aimante, elle lui sera d’une grande aide. Azza a une part de mystère, ayant peut-être des solutions (ou pas) aux problèmes survenus. Elle est passionnée d’arts martiaux. Hichem Rostom incarne l’homme des bas-fonds, mystérieux, et est le décor. «Le lieu est un personnage principal en soi dans ce film», commente l’acteur. Mayssa Oueslati endosse le rôle de Mouna : femme divorcée, maman, et accumulant les amants, elle est en lien avec plusieurs personnages, Abdelmonam Chouayat interprète le rôle de Lotfi dans le film : un personnage émotionnellement riche et dur. L’acteur, en parlant de son personnage, évoque un film d’emblée abouti. Basma El Euchi est comédienne de théâtre, ayant à son actif de nombreux courts métrages. L’actrice joue un rôle qui parle peu et s’exprime via les expressions, la gestuelle et le langage du corps.

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La genèse du film est inspirée d’un faits divers qui a eu lieu il y a 25 ans et qui a été développé avec la scénariste Sophia Haouas. L’histoire tragique d’une jeune fille qui s‘est malencontreusement déroulée dans «un zoo humain». Tout le challenge de Nidhal Chatta repose sur le fait de trouver les bons acteurs capables d’incarner comme il faut ces personnages complexes, durs, et pouvant porter le film de bout en bout. «Trouver les acteurs capables de pousser aussi loin l’expérience du jeu fut difficile, mais on a réussi», déclare Nidhal Chatta. «J’aime beaucoup m’entourer de la même équipe technique et autres pour travailler. Ça permet d’avancer et de se projeter même. Le déclic pour traiter cette histoire était intuitif. Le déclic est aussi toujours de l’ordre de l’image et de la relation professionnelle de confiance installée sur un lieu de travail», selon Nidhal Chatta. Le tournage prendra fin bientôt. La sortie du film est prévue pour la rentrée de 2022.

« Bunkoeur » de Nidhal Chatta : Dans l’antre d’un «Bunkoeur»
Tournage de «Bunkoeur» de Nidhal Chatta : Dans l’antre d’un «Bunkoeur»
REPORTAGES12 / 19 / 2021

Tournage de «Bunkoeur» de Nidhal Chatta : Dans l’antre d’un «Bunkoeur»

L’immersion s’est faite dans une immense demeure coloniale abandonnée qui fait office de plateau de tournage et de décors. «Bunkoeur», prochain long métrage de Nidhal Chatta est actuellement en tournage. Auréolé d’un casting trié sur le volet et d’un scénario ficelé, développé par Sophia Haouas, le film raconte les failles sociales d’un pays en déliquescence et fait échos aux maux persistants d’une société malade sur fond de drame.


«Bunkoeur», jeu de mots, se référant à des états d’âme, ou résumant l’intrigue principale. Le dernier film de Nidhal Chatta est une histoire, librement inspirée de faits réels et que nous nous garderons finalement de dévoiler en détail à leur stade actuel. «Bunkoeur» rassemble plusieurs personnages, des âmes errantes, traînant pour la plupart un vécu lourd. Des personnes aux destins ébranlés et au passé étriqué. Plusieurs vies s’entremêleront au fil du temps, des événements de l’histoire et du lieu. Défini comme une «Faune Humaine», un immeuble colonial très ancien, situé en bord de mer, va être le théâtre d’abominations et d’histoires intrigantes, et non moins sordides.


Au cœur de cette histoire, une jeune femme, forte et libre, se retrouve emportée par cette spirale. Un tourbillon qui mettra le spectateur face aux complexes d’une société tunisienne rongée par une crise économique profonde, une frustration sexuelle persistante, écrasée sous le poids des traditions, du patriarcat, du racisme, de la haine, du régionalisme, de l’intolérance. «Bunkoeur», s’annonce dur, et riche d’une dimension métaphorique qui interpelle. Ses personnages perdus, épars, forment un microcosme, sur le point d’éclater. Ils sont nichés toutes et tous dans cette vieille bâtisse, hors du temps, génératrice d’une proximité collective qui s’avérera toxique. Dans ce «Bunkoeur», des personnages divers sont perçus couramment dans l’(in)conscient collectif comme souffrant de toutes «les tares sociales». Le film renvoie aux origines d’une société actuelle, foncièrement encore tribale, féodale.


Rim Hayouni campe le rôle de Malek, victime d’un viol. Oumaïma Bahri est Jihen, trentenaire, originaire de Gabès. Intuitive, et témoin de quelques faits, elle est locataire, venue s’installer à Tunis par amour. Khaled, incarné par Lamine Belkhodja, est l’ami protecteur de Malek. Mohamed Dahech joue le rôle de Mounir, l’homme à tout faire dans l’immeuble : ayant une vie plate et réduite en apparence, juste en apparence… Fatma Felhi incarne Azza, l’amie de Malek, protectrice et aimante, elle lui sera d’une grande aide. Azza a une part de mystère, ayant peut-être des solutions (ou pas) aux problèmes survenus. Elle est passionnée d’arts martiaux. Hichem Rostom incarne l’homme des bas-fonds, mystérieux, et est le décor. «Le lieu est un personnage principal en soi dans ce film», commente l’acteur. Mayssa Oueslati endosse le rôle de Mouna : femme divorcée, maman, et accumulant les amants, elle est en lien avec plusieurs personnages, Abdelmonam Chouayat interprète le rôle de Lotfi dans le film : un personnage émotionnellement riche et dur. L’acteur, en parlant de son personnage, évoque un film d’emblée abouti. Basma El Euchi est comédienne de théâtre, ayant à son actif de nombreux courts métrages. L’actrice joue un rôle qui parle peu et s’exprime via les expressions, la gestuelle et le langage du corps.


La genèse du film est inspirée d’un faits divers qui a eu lieu il y a 25 ans et qui a été développé avec la scénariste Sophia Haouas. L’histoire tragique d’une jeune fille qui s‘est malencontreusement déroulée dans «un zoo humain». Tout le challenge de Nidhal Chatta repose sur le fait de trouver les bons acteurs capables d’incarner comme il faut ces personnages complexes, durs, et pouvant porter le film de bout en bout. «Trouver les acteurs capables de pousser aussi loin l’expérience du jeu fut difficile, mais on a réussi», déclare Nidhal Chatta. «J’aime beaucoup m’entourer de la même équipe technique et autres pour travailler. Ça permet d’avancer et de se projeter même. Le déclic pour traiter cette histoire était intuitif. Le déclic est aussi toujours de l’ordre de l’image et de la relation professionnelle de confiance installée sur un lieu de travail», selon Nidhal Chatta. Le tournage prendra fin bientôt. La sortie du film est prévue pour la rentrée de 2022.

Tournage de «Bunkoeur» de Nidhal Chatta : Dans l’antre d’un «Bunkoeur»
Retour sur «La sauvée»  : Du théâtre en prison
REVIEWS & CRITIQUES12 / 18 / 2021

Retour sur «La sauvée» : Du théâtre en prison

«La sauvée» est un spectacle théâtral féminin et musical, accompagné d’un artiste virtuose. D’une durée de 50 min, un groupe d’amatrices passionnées a fini par conquérir le public des JTC 2021, venu les découvrir à la maison des jeunes dans le cadre des rendez-vous de la section «théâtre des libertés» à la salle Ibn-Khaldoun. Point fort du spectacle : les actrices méconnues sur scène ne sont autres que les détenues de la prison civile des femmes de La Manouba.


Ambiance tunisienne traditionnelle, musique tunisienne, orientale et mise en scène inspirée d’un lieu architectural typiquement tunisien, «La Sauvée» s’annonce 100% féminin, si on ne compte par l’apport du musicien muni de son instrument musical afin d’assurer le fond musical de la pièce.


La petite scène de la salle Ibn-Khaldoun – Maison de la culture a accueilli, en différé, 9 comédiennes/détenues issues de la prison des femmes de La Manouba et venues présenter leur travail théâtral et scénique face à un public curieux et en grande partie composé de leurs familles et amis.


La pièce alterne danse traditionnelle, musique et dialogue autour d’interrogations diverses entourant une jeune femme ayant grandi dans un environnement conservateur et traditionnel et souffrant du poids insoutenable de la société, ayant aussi des difficultés à s’affranchir. Epiée par son entourage, naviguant entre la mort et la vie, vouée à ses prières, ses croyances et son attachement aux traditions locales, la pièce brosse un vécu personnel et social. Elle parvient à toucher le spectateur puisqu’elle reflète l’effort et l’engagement artistique de détenues/interprètes, déterminées à mener jusqu’au bout leur travail scénique, accompli en prison sur des mois, afin de le présenter à temps dans le cadre de la 22e édition des Journées Théâtrales de Carthage.


La maison des jeunes Ibn-Khaldoun a accueilli la section «le théâtre des libertés» sur toute une semaine, dédiée au travail théâtral accompli par les prisonniers dans différentes prisons de la république tunisienne. Une réduction de la peine des détenues/artistes participants à cette section des JTC aura lieu, après la fin de cette 22e édition.

Retour sur «La sauvée» : Du théâtre en prison
Retour sur «La sauvée» : Du théâtre en prison
REVIEWS & CRITIQUES12 / 18 / 2021

Retour sur «La sauvée» : Du théâtre en prison

«La sauvée» est un spectacle théâtral féminin et musical, accompagné d’un artiste virtuose. D’une durée de 50 min, un groupe d’amatrices passionnées a fini par conquérir le public des JTC 2021, venu les découvrir à la maison des jeunes dans le cadre des rendez-vous de la section «théâtre des libertés» à la salle Ibn-Khaldoun. Point fort du spectacle : les actrices méconnues sur scène ne sont autres que les détenues de la prison civile des femmes de La Manouba.


Ambiance tunisienne traditionnelle, musique tunisienne, orientale et mise en scène inspirée d’un lieu architectural typiquement tunisien, «La Sauvée» s’annonce 100% féminin, si on ne compte par l’apport du musicien muni de son instrument musical afin d’assurer le fond musical de la pièce.


La petite scène de la salle Ibn-Khaldoun – Maison de la culture a accueilli, en différé, 9 comédiennes/détenues issues de la prison des femmes de La Manouba et venues présenter leur travail théâtral et scénique face à un public curieux et en grande partie composé de leurs familles et amis.


La pièce alterne danse traditionnelle, musique et dialogue autour d’interrogations diverses entourant une jeune femme ayant grandi dans un environnement conservateur et traditionnel et souffrant du poids insoutenable de la société, ayant aussi des difficultés à s’affranchir. Epiée par son entourage, naviguant entre la mort et la vie, vouée à ses prières, ses croyances et son attachement aux traditions locales, la pièce brosse un vécu personnel et social. Elle parvient à toucher le spectateur puisqu’elle reflète l’effort et l’engagement artistique de détenues/interprètes, déterminées à mener jusqu’au bout leur travail scénique, accompli en prison sur des mois, afin de le présenter à temps dans le cadre de la 22e édition des Journées Théâtrales de Carthage.


La maison des jeunes Ibn-Khaldoun a accueilli la section «le théâtre des libertés» sur toute une semaine, dédiée au travail théâtral accompli par les prisonniers dans différentes prisons de la république tunisienne. Une réduction de la peine des détenues/artistes participants à cette section des JTC aura lieu, après la fin de cette 22e édition.

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